Comprendre l’obsolescence programmée

Comprendre l’obsolescence programmée

L’obsolescence programmée est un sujet qui touche autant les associations écologiques que les associations de consommateur. Elle est au cœur de nouvelles lois et de procès, tout le monde en a un jour parler avec des amis (« avant, ma télévision / mon téléphone tenait bien plus longtemps ! ») et de nombreux articles ont été écrits sur le sujet.

C’est loin d’être un sujet simple, car plusieurs définitions ont été proposées au fil des années voir même d’une institution à une autre. Et si les associations écologiques ont tendance à rejeter la faute sur les fabricants, des chercheurs pointent également du doigt les consommateurs.

Qu’en est-il exactement ? Est-ce que tout ce qu’on achète est programmé pour devenir inutilisable rapidement ?

Qu’est-ce que l’obsolescence programmée ?

Si initialement le terme obsolescence programmée désignait une technique commerciale pour entretenir la consommation, aujourd’hui la définition a évolué. Et celle qui est proposée par la loi française (depuis 2015, année où la pratique est devenue illégale) est la plus juste de ce que l’on entend quand on utilise ce terme.

Est considérée comme de l’obsolescence programmée « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement. Source : https://www.legifrance.gouv.fr

La même définition est reprise par l’ADEME (Agence dédiée à l’environnement), c’est-à-dire que ne sont prises en compte que les limites techniques. Un exemple connu est le fait que les cartouches d’imprimante possédaient une puce limitant le nombre d’impressions. Il était alors impossible de remplir la cartouche pour la réutiliser. La loi européenne qui interdit cette pratique est l’une des toutes premières lois contre l’obsolescence programmée telle que définit ci-dessus.

Cependant cette définition exclut toute une dimension subjective et pourtant bien réelle : les choix des consommateurs. En effet, de nombreux produits sont dits obsolètes alors qu’ils sont encore en état de fonctionner, mais qu’ils sont passés de mode. C’est là que se trouve la différence entre l’obsolescence et la durée de vie d’un produit.

Est dit obsolescent tout appareil qui n’est plus à la mode, pour lequel les pièces de rechange n’existent plus ou enfin qui n’est plus compatible avec la technologie actuellement utilisée. La frontière est mince entre ce qui est « programmé » de ce qui ne l’est pas.

Obsolescence programmée : mythe ou réalité ?

Plusieurs procès ont eu lieu et sont là pour confirmer que c’est une réalité. Ainsi il y avait bel et bien une puce sur les cartouches d’encre et même sur certaines imprimantes pour ne pas imprimer plus d’un nombre pré-défini de pages.

Cependant aujourd’hui la frontière est floue et il est de plus en plus délicat de prouver la réalité de l’obsolescence programmée.

Ainsi les bas et collants sont souvent cités comme exemple, car « avant » ils ne filaient pas. Cependant des études de consommateurs ont montré qu’il existe encore aujourd’hui des bas et des collants qui ne filent pas. Cependant ils sont vendus à plus de 20 € alors qu’en moyenne les consommateurs achètent des bas à 4 €. Le coût du produit entraîne une baisse de la qualité. Mais cette baisse est-elle liée au budget, à une volonté de l’entreprise de se garder une marge très intéressante ou à la volonté de vendre plus de produits ?

De même, ne devrait-on pas considérer comme de l’obsolescence programmée le fait de ne pas pouvoir changer telle pièce sur un appareil ?

S’il n’y a aucun doute sur l’action concrète des entreprises pour un renouvellement plus rapide des produits en vente, il reste encore beaucoup à faire d’un point de vue législatif et même dans la définition et l’approche de la question.

Comment éviter l’obsolescence programmée ?

La seule façon de faire est de se renseigner sur ce que l’on achète et plus précisément sur l’entreprise qui fabrique le produit voulu. Et il faut accepter que les petits prix participent à l’obsolescence programmée en introduisant des matières premières de mauvaise qualité.

Le groupe SEB est par exemple l’un des rares à annoncer que 95 % de ses produits sont réparables et que l’accès aux pièces détachées est garanti pendant 10 ans. C’est d’autant plus intéressant que l’on peut réparer soi-même.

Au niveau des cafetières électriques à capsules, la seule marque à s’engager officiellement contre l’obsolescence programmée est Nespresso. Ce n’est pas sans surprise que cette marque est la plus chère.

Une autre action à notre portée est d’être conscient de l’effet de mode et de la durée de vie de nos appareils. Quand on change pour avoir le nouvel iPhone (ou tout autre produit), on rend obsolète notre ancien modèle. Quand on décide de ne pas essayer de réparer notre imprimante, on la rend obsolète alors qu’il y avait peut-être juste un petit rien.

Comment lutter contre l’obsolescence programmée ?

En tant que consommateur il y a plusieurs façons d’agir, seules ou en groupe.

Ainsi il existe des associations comme Halte à l’Obsolescence Programmée qui informent, collectent et agissent en justice. Cette association est ouverte à tous et permet une réflexion sur la législation. Sachant qu’en France, c’est au consommateur de prouver que le produit est volontairement bridé, le monde associatif est le seul à pouvoir se permettre des actions en justice concrètes.

Enfin en tant qu’individu, la lutte passe par l’achat réfléchi, durable et engagé : privilégier la qualité à la quantité.

Et si au départ cela semble difficile au niveau du porte-monnaie sur le long terme c’est rentable. Ainsi vaut-il mieux acheter une bouilloire à 20 € qui tient un an ou directement une bouilloire à 40 € qui tiendra plusieurs années ?

On en profite alors financièrement, on produit moins de déchets et on passe moins de temps à acheter des choses.

Sources :
https://www.geo.fr/environnement/quest-ce-que-lobsolescence-programmee-193602
https://www.capital.fr/economie-politique/obsolescence-programmee-pour-enfin-demeler-le-vrai-du-faux-1283013

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